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Critique : Reflektor - Arcade Fire

5 Janvier 2014 , Rédigé par Mr. Cinemagic Publié dans #Musique

Critique : Reflektor - Arcade Fire
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Critique : Reflektor - Arcade Fire

ÇA Y EST, l'album plébiscité par les médias et le public est déjà passé à la 3e place, je parle bien évidemment de l'album de Daft Punk, Random Access Memories. Pour tout avouer, à l'heure où j'écris ces lignes (02/01/14 à 23h25), je n'ai toujours pas écrit ma mini-critique de RAM (ce qui est à l'encontre de mes principes qui sont de rédiger ces descriptions dans l'ordre de 15 à 1). Pas par feignantisme mais tout simplement parce que je pensais placer Reflektor à la 3e place ! Mais en réécoutant plus attentivement cette album autant surprenant que fortement plaisant, j'ai décidé que Reflektor mériterait décidément plus que la 3e place...

Franchement, OK on aurait pu prévoir le virage pop/funk/disco de Daft Punk (obligatoire pour certains, tant les garçons adorent cette période de l'Histoire de la Musique), mais celui d'Arcade Fire... J'en mettrais ma main à couper ! Personne n'aurait pu prévoir que le groupe montréalais plus habitué aux violons et aux paroles dépressives (leur premier album, un chef d'oeuvre des 30 dernières années au passage, s'appelle quand même Funeral !), aller changer de gardes-robes, échanger leurs guitares folks pour des synthés funky, et devenir le groupe le plus dansant de l'année !

Mais récapitulons les faits pour les incultes : Arcade Fire, c'est au départ un couple, Win Butler et Régine Chassagne (et oui, c'est des québécois !), plus 5 autres personnes dont personnes connait les noms. Premier album : Funeral en 2004. Succès critique et commerciale (Pitchwork lui décerne 9,7/10 emblématique), et tournée mondiale avec U2 et David Bowie en guests. Deuxième album : Neon Bible en 2007. Enregistré dans une nouvelle église, l'album conquis plus le public que la presse. Heureusement, le groupe se rattrape sur scène où il livre des prestations remarquables. Troisième album : The Suburbs en 2010. La presse retombe amoureux d'Arcade Fire qui reçoit un Grammy d'Album de l'année largement méritée. Depuis, plus rien... Sauf : une apparition durant le dernier concert au Madison Square Garden de LCD Soundsystem. Un geste amical pour beaucoup mais en réalité, c'est une rencontre décisive pour le groupe. Celle avec James "Fucking Genius" Murphy, leader du groupe et producteur de génie...

Car qui retrouve-t-on à la barre de ce quatrième album : James Murphy !! M'enfin c'est vrai, qu'il n'y avait que lui pour pouvoir faire sonner Arcade Fire disco ! Alors, mission accomplie ??

Le double-album débute avec un son intriguant puis d'un coup, le rythme nous emporte et on sait qu'on ne pourra décrocher qu'à la fin des 7 minutes 34 secondes qui constituent l'incroyable chanson qu'est Reflektor. Ce n'est pas de la pop, c'est certainement pas du rock, c'est pas du disco, on sent un peu de musique africaine... : mais qu'est-ce que c'est BORDEL ?? C'est tout simplement le son de Reflektor, l'album, un savoureux mélange entre les sons DFA (label de Murphy) et l'émotion et le sens du ryhtme d'Arcade Fire. La chanson s'emflamme ensuite durant le refrain où une guiatre funky se fait entendre. Puis tout d'un coup, une voix familière apparait, celle de David Bowie ! Probablement le meilleur cameo musical de l'histoire ! La chanson se termine et on a l'impression qu'on vient juste d'écouter LA MEILLEURE CHANSON DE L'ANNEE (quoi, c'est juste moi ??) !!!

Le deuxième titre, We Exist, commence avec une bassline qui provient tout droit d'une BO de Giorgio Moroder ou de Billie Jean. Puis, le refrain très Woodstock débarque et nous assène de solos de guitare ou autre notes de piano entêtantes. Un morceau à la hauteur du précédent !

Malheureusement, ce n'est pas le cas du troisième titre, Flashbulb Eyes, qui tient plus de la transition (l'un des quelques morceau à ne pas faire 5min ou plus). Une sorte de reggae bizarroïde !

Le quatrième morceau par contre, lui, relève TOTALEMENT le niveau et nous fout une claque majeure ! Commençant comme une salsa endiablée avec guitares qui grinçent et se terminant comme une ballade pop où le piano accompagne gentiment le groupe, Here Comes The Night Time est une danse furieuse de 6 minutes où le groupe semble s'en donner à coeur joie et nous aussi...

Le cinquième morceau, Normal Person, est quant à lui le plus inattendu de l'album (qui l'est déjà pas mal...). Le morceau débute avec un blues étonnant où Win Butler nous offre sa plus belle imitation d'Elvis pour ensuite enchainer sur le refrain le plus fou de l'année : un déferlement de guitares, de batteries, digne d'un titre de Queens of The Stone Age. Et au milieu, la voix de Win Butler criante qui essaye de se faufiler au milieu de toutes ces guitares perçantes ! Certainement, le deuxième meilleur morceau de cet opus !

You Already Know ou le tube de l'été parfait dans un monde parfait (ah non, c'est Get Lucky !). Un titre formaté comme un single mais qui n'en est pas un. Dommage car le petit riff sympa de guitare en forme de gimmick ça aurait cartonné. Sinon, plus sérieusement, ce titre est la parfaite transition entre The Suburbs et Reflektor.

Joan of Arc est un pure titre rock ! Certainement le plus rock de l'album ! Et ça fait plaisir de savoir que le groupe n'a pas oublié ses racines musicales (même si bon, après Normal Person, y avait pas de doute...). Quoi dire de plus à part que les phrases en français au milieu de l'anglais, ça fait toujours plaisir !

Fin du disque 1, place au disque 2 !

Ouverture avec la partie deux de la chanson Here Comes The Night Time, bien plus calme et sombre que la première et qui nous installe dans l'atmosphère adéquate.

Puis le dyptique tant attendu commence : Awful Sound (Oh Eurydice) et It's Never Over (Oh Orpheus) ! Basé sur la tragédie grecque (que je ne connais pas réellement) qui est, avec la réfléxion bien sur, le thème principal de ce quatrième opus. La première partie, Awful Sound, est chanté par Win Butler et est sous doute la partie émotion de l'album. Digne des meilleurs titres de Funeral, Awful Sound renoue avec les guitares folks pour nous emmener dans une ballade triste et sombre. Heureusement, le refrain un plus optimiste nous reste dans la tête pendant un bon bout de temps ! La seconde partie, It's Never Over, commence avec un solo de guitare que le U2 des débuts n'aurait pas renié et est écrit comme la réponse au morceau précédent. Majoritairement chanté par Chassagne, Win Butler intervient néanmoins vers la fin dans un couplet franchement magnifique. Plus puissant que le morceau précédent, It's Never Over est également l'un des morceaux de l'album rien que pour son "Hey Orpheus" hyper-mega-entrainant !

Quatrième morceau de ce deuxième CD, Porno est certainement celui que j'apprécie le moins de l'album (et je ne pense pas être le seul). Mais attention, ça reste quand même un excellent titre ! Seulement, j'ai l'impression que ce morceau est trop "electro" pour moi. Je sais que c'est fou et stupide venant de moi qui suis fan de musiques électroniques nénanmoins, quand j'écoute du Arcade Fire, c'est pas pour entendre des trucs électros. Après, le refrain est plutôt réussi mais le début qui ressemble étrangement à Nightcall de Kavinsky (??), moyen pour moi...

Le titre suivant, Afterlife, est l'autre bombe de Reflektor ! Véritable hymne à la joie mais toujours avec cette petite tristesse (la touche Arcade Fire qui consiste à pouvoir écouter leurs chansons dans un état triste ou joyeux), Afterlife est comme un feel-good movie dont on ne se lasse jamais et que l'on peut revoir (écouter) en boucle ! De plus, la vidéo et prouesse créative incroyable de Spike Jonze avec l'énergique Greta Gerwig est franchement géniale !

Dernier morceau de l'album, Supersymmetry, est probablement le plus beau de l'album notamment avec cette mélodie si simple et pourtant si belle et incroyable, qui prend son envol dans la quatrième minute du morceau ! Pas étonnant donc de savoir que ce morceau a été composé pour le film de Spike Jonze (encore lui !), Her, dont Arcade Fire assure la BO !

On ressort de cette écoute chamboulé par tous les sons découverts et appréciés, par toutes les mélodies entêtantes, boulversantes ou entrainantes, ainsi que par l'énorme travail effectué par le groupe et James Murphy. Un grand groupe à suivre qui, je suis sure, ne va pas arrêter de nous surprendre...

Oh putain, il faut absolument que j'ailles les voir en live !

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E
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C
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