Top 15 des meilleurs albums de l'année + Critiques !!
Après mon top 10 des meilleurs films vus en 2013 (voir ici), voici mon top 15 des meilleurs albums sortis et écoutés en 2013 :
15) Free The Universe - Major Lazer
Cette année, le producteur-star Diplo a tout gagné ! Entre son projet dance-tropical Major Lazer et son EP solo Revolution pour "faire bouger les fesses" comme il le dit en interview, le plus jamaïcain des producteurs amerloques à régner en maitre sur le hit-parade mondiale avec son tube "Watch Out for This (Bumaye)" issu du second album de Major Lazer, Free The Universe.
Ce dernier ouvre ce classement avec une énergie folle et une poignée de tubes où dubstep-tropical-electro-dance-reggae se mélangent pour aboutir à 14 titres peu subtils il faut l'avouer mais diablement efficaces ! Entre les basses insensées de Bumaye, Jet Blue Jet ou Jah No Partial, on retrouve néanmoins des chansons moins "boom-boom" comme Get Free ou Jessica, génial featuring avec Ezra Koenig de Vampire Weekend).
Un véritable hymne à la fête.
Titre préféré : Get Free (feat. Amber of Dirty Projectors)
14) Psycho Tropical Berlin - La Femme

Après quelques EPs et singles lâchés en 2011-2012, le groupe français de surf-rock à tendances new wave La Femme sort son premier album Psycho Tropical Berlin et devient l'un des groupes les plus prometteurs des la scène pop-rock française. Quelques riffs de guitares sympathiques, une voix féminine ou masculine séduisante, des paroles mystérieuses, et surtout un sentiment de coolitude et de détente, voici le succès de la réussite de ce premier album.
Dans la lignée de The Shoes ou Juveniles, La Femme a déjà trouvé son public notamment lors de concerts où le groupe déborde d'énergie (demandez à Justine…) !
Titre préféré : Sur la Planche 2013
13) MGMT - MGMT

Troisième album pour les hippies de MGMT après le très bon Oracular Spectacular (2007) et le (presque) chef d'oeuvre Congratulations (2009) qui avait dérouté une partie du public fan de Kids ou Time To Pretend, et ravi l'autre qui avait salué le côté expérimental et la prise de risque du groupe (notamment sur le morceau incroyable de 12 minutes, Siberian Breaks).
MGMT (encore un album éponyme !), c'est un peu un mélange de ces deux premiers albums, un album pour satisfaire les deux parties opposés de ce public. Même si l'album ne contient aucun tube à proprement parlé (ou presque…), on peut diviser clairement l'album de 2 parties. La première, les cinq premiers morceaux, est suffisamment rock et suffisamment psychédélique. Sur ces 5 morceaux, aucun n'est mauvais. De la guitare entrainante d'Alien Days au rock bruyant de Your Life Is A Lie tout en passant par le piano inquiétant de Cool Song No.2, on sent que le groupe prépare doucement son public pour le voyage qu'il s'apprête faire dans la 2e partie. Un voyage pas forcément agréable mais néanmoins réussi. Le groupe s'essaye à la musique électronique du XXIIe siècle avant de revenir aux bases très Beach Boys avec Plenty of Girls In The Sea.
Au final, un album réussi et une pirouette artistique intéressante. On aime ou on déteste.
Titre préféré : Mystery Disease
12) Overgrown - James Blake

En 2011, avec son premier album éponyme, James Blake popularisait le dubstep sexy et pas dégueulasse. Un premier album sympathique mais pas fou non plus. Néanmoins, on retenait quand même le nom de James Blake comme un possible futur talent prometteur surtout que certains murmuraient sa participation au prochain album de Kanye West.
Au final, Blake n'est pas crédité sur Yeezus mais sort Overgrown, un deuxième album largement supérieur au précédent où James Blake expérimente divers genres tels que l'electronica avec Brian "j'ai produit Bowie, U2, Talking Heads" Eno ou le hip hop le tant d'un featuring excellent avec RZA. Mais la force d'Overgrown réside dans le fait que Blake ne veuille jamais en faire trop, quitte à reprendre certains sons de son premier album. Mais comme on dit, on ne change pas une recette qui gagne !
Pas l'album de l'année mais certainement l'un des plus réussis techniquement et musicalement.
Titre préféré : Life Round Here
11) AM - Arctic Monkeys

2006. L'Angleterre, pays reconnu pour sa culture musicale riche et surtout ses groupes de rock cultes (j'ai vraiment besoin d'en citer ???), découvre un nouveau groupe au nom plus qu'étrange : Arctic Monkeys. La bande d'Alex Turner explose alors le ventes de single avec son premier (et meilleur) titre : I Bet You Look Good On The Dancefloor. Depuis, les cinq garçons de Sheffield ont bien grandi, sorti 4 albums studios (dont un moyen, Humbug, et deux excellents, Whatever People Say I Am, That's What I'm Not, et Suck It and See), et entre autre chanté à la Cérémonie de Clôture des JO de Londres 2012.
C'est donc avec une certaine impatience que les fans de rock (ou de bonne musique tout simplement) attendaient ce cinquième opus sobrement intitulé AM. La parution du premier single, Do I Wanna Know ?, qui avait mis tout le monde d'accord avec un tempo relativement lent et un son très "stoner", avait rassuré le public, surtout après que des rumeurs indiquaient un virage plus hip-hop (!!) sur cet album. Au final, la touche hip-hop est bien présente mais très bien maitrisée sur quelques morceaux comme Why'd You Only Call Me When You're High ?, l'un des meilleurs morceaux de cet opus. Néanmoins, la touche "Josh Homme" est bien plus présente que celle de Dr. Dre. En effet, le leader des Queens of the Stone Age qui avait produit Humbug est de retour sur quelques titres tels que Knee Socks et son refrain plus qu'entrainant et qui reste dans la tête pour longtemps ! Comme la plupart des morceaux de AM…
C'est sur, on pourrait reprocher aux Arctic Monkeys de ne pas avoir pris trop de risques, néanmoins, cet album est plus que satisfaisant et regorge de hits ! En effet, pas un titre n'est à jeter ! De plus, on peut également noter une certaine maturité chez Alex Turner dans ses textes et surtout sa voix. Franchement : QUI n'aime pas No. 1 Party Anthem, probablement l'une des meilleures du groupe ???
AM fait donc parti de ces albums à réécouter avec plaisir et à retenir de cette année assez pauvre en rock (à part The Strokes ??).
Titre préféré : R U Mine ?
10) Psychic - Darkside

Darkside n'est pas le nouveau nom d'une réformation du groupe anglais Pink Floyd mais bien un hommage à ce dernier par le producteur new-yorkais Nicolas Jaar. Révélé en 2011 avec son album Space Is Only Noise qui avait réussi à concilier fans de jazz, d'électro et de blues, le musicien a récidivé en la compagnie du guitariste Dave Harrington pour signer Psychic, une oeuvre à la fois psychédélique et mystique qui marque le début d'un long voyage entamé il y a déjà deux ans avec la sortie d'un premier EP intitulé Darkside qui avait attiré la curiosité de bon nombre de connaisseurs et trouvé son public. Depuis, Nicolas Jaar s'était amusé à remixer le nouvel album de Daft Punk sous le nom de "Daftside". Un teasing pour mieux préparer la scène électronique pointue pour son second album tant attendu.
Psychic est une expérience à écouter, une véritable immersion dans la musique de Nicolas Jaar qui conviendrait parfaitement à un film de David Lynch. Dès l'introduction au blues aussi étonnant qu'entrainant, on sait que l'on écoute quelque chose d'atypique, quelque chose de sensationnel… Heureusement, Psychic ne s'essouffle pas dépassé les 11 minutes de l'incroyable Golden Arrow : l'album tient ses promesses et nous plonge dans un univers où le funk est passé à la moulinette et devient incroyablement lent mais tellement beau, où le disco est détruit notes après notes pour devenir de plus en plus sombre ! On retiendra notamment les synthés virevoltant de Freak, Go Home ou le blues classique-moderne de Paper Trails. Au final, le seul reproche que l'on peut reprocher à Psychic concerne sa durée : 8 titres, c'est trop peu !!
En tout cas, ce premier album assure un bel avenir à ce groupe très prometteur ! Pourquoi pas une BO ??
Titre préféré : Paper Trails
9) The Golden Age - Woodkid

S'il y en a bien un qui a eu de la chance cette année, c'est Woodkid ! Couvertures de magazines, plateaux télés, classement, hit-parade… le musicien aux multiples talents était partout. Pourtant, à la base, c'était pas gagné… Derrière ce surnom atypique, ce chapeau et cette barbe se cache un garçon timide, Yoann Lemoine, à la base clippeur de génie (il a réalisé des clips pour Rihanna, Katy Perry et a refusé Madonna, rien que ça !) qui un jour décide de raconter une histoire, celle du passage de l'enfance à l'adulte et du refus d'un enfant de laisse son innocence pour devenir un "grand". Cet enfant, c'est Lemoine lui-même, "l'enfant-bois" (chez Woodkid, le bois représente l'enfance et le marbre, le monde des adultes). D'abord repérer par les magazines branchés tels que Tsugi ou les Inrocks, Woodkid commence à se faire un nom en collaborant avec Lana Del Rey (participation à l'album et réalisation de deux clips).
Autant dire que son premier album était vivement attendu. Bien évidemment, le résultat est à hauteur des espérances. Enregistré avec l'Opéra de Paris et des noms tels que The Shoes ou SebastiAn, The Golden Age est une épopée épique et grandiose, de la musique classique combiné avec le meilleur de la pop français actuelle. Sur 14 titres, la voix de Yoann Lemoine se pose délicatement ou sauvagement sur les envolées lyriques ou les percussions folles à donner des frissons ! Certes, le projet Woodkid est faramineux et la folie des grandeurs n'est jamais très loin, néanmoins, l'album n'est jamais prétentieux et parvient à nous émouvoir sans grande difficulté surtout lorsque la musique est accompagné d'une vidéo brillamment réalisée par Lemoine himself.
Proche de l'album concept, The Golden Age nous embarque dans un voyage qui démarre en trombe avec une phrase ("The Golden Age is over...") et les percussions furieuses de Run Boy Run et The Great Escape, deux chansons qui portent d'ailleurs bien leurs noms tellement la sensation de s'échapper est présente dans ces deux titres à l'énergie folle. Puis, le rythme redescend et des chansons telles que Boat Song ou The Shore nous instaurent dans des atmosphères étranges et particulières digne d'un long métrage, sans oublié le tube, I Love You, qui est là pour nous émouvoir et est un pur plaisir d'écoute. La puissance d'un Stabat Mater nous réveille et le voyage nous embarque vers les étoiles avec un Conquest of Spaces magnifique et entrainant. Puis, c'est la tempête, le choc… Iron, le premier single et désormais classique de Woodkid s'abat sur nous telle une tempête qui déchaine tout sur son passage. Le passage à l'âge adulte. Enfin, The Other Side conclut l'album sur une note assez sombre.
On ressort de cette écoute impressionné et bluffé par le talent de ce jeune auteur-compositeur-interprête qui a récemment déclarer vouloir arrêter la musique… pour réaliser son premier long-métrage. On n'a qu'une chose à dire : VIVEMENT !!
Titre préféré : Run Boy Run
8) Amok - Atoms for Peace

Atoms for Peace ou le pari fou de Thom Yorke, leader charismatique et dépressif de Radiohead. Né en 2009 lors de la tournée de The Eraser, le premier album solo de Thom Yorke, le super-groupe est composé de Yorke donc mais également de Flea (le bassiste des Red Hot Chili Peppers), Nigel Godrich (producteur emblématique du groupe d'Oxford), Joey Waronker (batteur de R.E.M.) et Mauro Refosco (batteur temporaire des Red Hot Chili Peppers). Tout ce beau monde réuni autour d'un objectif : continuer les expérimentations musicales commencer par Radiohead en 2000 avec le chef d'oeuvre Kid A. Il faut avouer que Thom Yorke a toujours été le compositeur le plus talentueux et intelligent de la Britpop (en même temps, me direz-vous, à côté des Frères Gallagher et de Blur…) et ce n'est pas surprenant d'observer son incursion dans la musique électronique. Néanmoins, une certaine réserve se faisait sentir notamment après le dernier album très décevant de Radiohead, The King of Limbs.
Heureusement, cet album est réussi. Et même TRES réussi ! En effet, on pourrait carrément appeler Amok, le come-back de Thom Yorke ! Le songwriter retrouve la même touche et la même vois (que certains détestent !) que sur les meilleurs albums de Radiohead. Son énergie, elle, est transmise dans les divers sons différents qui parsèment les pistes de cet album à inspirations diverses telles que la musique africaine ou l'electro hip-hop de Flying Lotus (grand copain de Yorke depuis quelques années). La production de l'album est démente et probablement l'une des meilleures de l'année, mariant avec perfection des rythmes africains entrainants et des synthés sortis du future ! Le style est indéfinissable et oscille entre electronica, pop, ambiant (par moment), et easy-listening (oui, je vois loin…). Des envolées de synthétiseurs de Default et Dropped ou au groove endiablé de Before Your Very Eyes tout en passant par la basse ryhtmé de Unless, c'est un sans faute pour Thom Yorke et son équipe.
Quoi de dire de plus, à part que l'on attend fermement le nouvel album de Radiohe…euh…Atoms for Peace pardon.
Titre préféré : Default
7) Settle - Disclosure

Le succès-surprise de l'année, on le doit à Disclosure, un nom quasi-inconnu il y a moins de deux ans et devenu, grâce à quelques hits, le renouveau de la scène deep house anglaise. Le duo, originaire du sud de Londres, a même réussi à hisser son premier album, Settle, à la première place des charts britanniques, surpassant l'album tant attendus d'un autre duo casqués. Signé chez Greco-Roman, le label hype de Joe Goddard, leader des Hot Chip, les Frères Lawrence s'étaient faits remarqué en 2012 avec un remix hyper-efficace pour la chanteuse de R&B Jessie Ware, présent sur la version deluxe de l'album. A cette époque, Disclosure venait de sortir son premier EP, The Face, et imposait déjà sa patte sexy et dansante avec des titres tels que Boiling ou What's In Your Head et en jouant dans quelques festivals huppés pour les connaisseurs. Depuis, on peut dire que le groupe a parcouru un bon bout de chemin : de Coachella au Pitchwork Music Festival, le groupe a joué dans plus de 50 festivals cet été !
Véritable machine à hits, Settle s'est imposé comme l'album phare de cet été ! L'album commence, comme un hommage, avec une introduction sous forme de discours, proche de celui d'un pasteur en transe dans une église de Chicago, qui transite sur le titre suivant : When A Fire Starts To Burn. Comme son titre l'indique, cette chanson, diablement efficace, est là pour nous faire bouillir et s'abat sur le dancefloor telle une météorite. Certainement, le meilleur (nouveau) titre de cet album. Puis, divers tubes s'enchainent les uns après les autres. De l'entêtant White Noise à l'entrainant Confess To Me, tout en passant par un Stimulation aux basses vrombissantes : aucune pause !! On aura même le temps d'entendre les Frères Lawrence pousser timidement la chansonnette sur le sympathique et gentil F For You. Alors oui, c'est toujours à peu près les mêmes sons, oui, la diversité n'est pas véritablement au rendez-vous sur Settle… mais bordel, qu'est-ce que c'est bon ! Pour une fois que la scène UK house, souvent rattaché au mouvement underground, devient mainstream, vous devriez être content non ?? NON ??? Bon et autrement, il y a un remix album de Settle qui est sorti et c'est plutôt pas mal (demandez à Douglas, il est fan…).
Titre préféré : When A Fire Starts To Burn
6) Bankrupt - Phoenix

Il y a une dizaine d'années, la France était ce beau pays réputé pour sa gastronomie, ces jardins, son histoire et ses taxis parisiens tout gentils. Le cinéma français ?? "Des films longs, chiants et prises de têtes" La musique française ?? "Hahahahahaha" Heureusement, à la fin des années 90, une nouvelle générations de musiciens, principalement de Paris et rattaché à la culture house/rave que l'on surnommera "french touch", est arrivé pour changer la donne et conquérir le monde. En tête de liste, des DJs tels que Laurent Garnier, Cassius ou des groupes reconnus et "branchés" comme Air ou encore Daft Punk. Et au milieu de cette déferlante house/techno, un groupe de pop/rock (voire indie rock) de Versailles commence à se faire un nom : Phoenix ! Composé de Thomas Mars (devenu depuis membre de la famille Coppola), Deck d'Arcy, Christian Mazzalai et Laurent Brancowitz (qui était membre du groupe Darlin' avec… Thomas et Guy-Man de Daft Punk !!), Phoenix commence par accompagner Air en tournée avant de sortir son premier album, United, et d'attirer l'oeil du public anglo-saxons (bah oui, un groupe français qui chante en anglais c'était pas commun pour l'époque !). Deux autres albums suivront (Alphabetical en 2004 et It's Never Been Like That en 2006), deux albums plus que correctes où les hits fusent. Puis en 2009, c'est la consécration : Wolfgang Amadeus Phoenix déboule sur la scène indie et remporte un Grammy Award (bien mérité) du meilleur album alternatif. Il faut dire qu'entre 1901, Lisztomania ou le magnifique Love Like A Sunset en 2 parties, le groupe signe l'un des meilleurs albums de la décennie ! Et oui, Phoenix a beau être hyper-méga-connu aux USA (deux passages au Saturday Night Live quand même), le groupe reste néanmoins (trop) méconnue dans son pays natal…
Tout ça pour dire que ce cinquième album était très attendu même si on espérait pas une sortie si tôt (4 ans d'écart avec le précédent album, prenez-en de la graine Daft Punk !). Premièrement, je dois avouer qu'à la première écoute, j'étais déçu par Bankrupt. Certes, les titres étaient bons, la production démente… mais un sentiment étrange et inexplicable de déjà-vu le rangeait parmi les "albums moyens" de mon iTunes. Puis, écoute après écoute, j'ai commencé à apprécier Bankrupt et ses différents sons, si bien que vers la fin de l'année, je connaissais chaque morceau par coeur ! De l'intro d'Entertainment, et son synthé cheap mélange d'Electric Light Orchestra et de BO de séries Z japonaises, aux vagues électroniques de Don't, en passant par les mélodies entêtantes du très old-school Trying To Be Cool et du nostalgique et sympathique Drakkar Noir, on salue le talent du groupe (dont l'énergie de Thomas Mars y est pour beaucoup) mais surtout la production incroyable signée Philippe Zdar (moitié de Cassius et mixeur de génie, le dernier Rapture, le dernier Housse de Racket, le dernier Beastie Boys, c'était LUI !). Pour obtenir ce nom très 80's complètement jouissif, il est à noter que le groupe a racheté la console qui servit pour enregistrer Thriller ! Seul petit bémol : aucune track n'arrive au rythme de 1901 et à la beauté de Love Like A Sunset (pas même le morceau Bankrupt pourtant très bon)… Mais bon, on s'y attendait !
Donc, pour récapituler, un très bon album où rien n'est à jeter (sauf la pochette vraiment…) et follement entêtant, qui s'apprécie à sa juste valeur au bout de plusieurs écoutes : bonne chance pour vous enlever le refrain de SOS In Bel Air de la tête ! On peut dire que Phoenix est loin de faire banqueroute (dou dou doum tchhhhickk, roulement de tambour, rideau…).
Titre préféré : SOS in Bel Air
5) Drone Logic - Daniel Avery

Si 2012 avait été l'année des labels aux sorties 100% digitales avec Marble Records, Bromance Records ou Sound Pelligrino en têtes, 2013 est celle de Phantasy Sound, le label crée il y a quelques années par le DJ, producteur et remixeur fou Erol Alkan. Cette année, avec seulement quelques sorties, le label anglais a conquis à la fois la critique, la scène undergound londonienne et internationale, et le public friand d'acid house, de rock psychédélique ou de techno. Ce trois genres fièrement représentés par les trois figures importants du label : Erol Alkan (le parrain), Connan Mockasin (le grand frère hippie-bizarre) et Daniel Avery (le petit dernier et surdoué de la famille). Le premier, le patron du label, a sorti en fin d'année le meilleur EP de l'année (Illumination EP) qui est aussi son premier (en plus de 15 ans de carrière), le deuxième a sorti son deuxième album en Novembre, le très chaud et sexy Caramel, et le troisième a sorti son premier album en toute discrétion en Octobre dernier, Drone Logic (l'objet du jour). Enfin "en toute discrétion" c'était avant que la presse britannique (dont le prestigieux journal The Guardian) le nomme "relève de la scène électronique anglaise" et "digne successeur des Chemical Brothers". Rien que ça ! Heureusement, la presse ne ment jamais (hum hum) !
Du haut de ses 26 ans, Daniel Avery livre un premier album envoutant et convainquant qui risque bien de devenir un classique pour la future génération d'acid house (genre qui est en train de remonter sur le devant de la scène petit à petit grâce à Erol Alkan ou Boys Noize). Véritable révélation personnelle de l'année 2013, j'ai réellement découvert Daniel Avery en écoutant Drone Logic. C'est donc pour cela que la présence de plusieurs titres (4 au total) issus d'EP préalablement sortis ne m'a pas gênés néanmoins, c'est vrai que connaitre plus de 5 titres sur un album de 12 chansons, c'est BEAUCOUP moins cool (pas vrai Kavinsky ??). Néanmoins, j'ai par la suite écouté les EPs Need Electric et Water Jump et on peut dire que je me suis pris une vrai claque, ma dernière remontait à Gesaffelstein. Ces deux artistes partagent également quelques communs : un univers sombre, un son techno brut, des voix frappantes se limitant à des voyelles ("OH" "AH")… Néanmoins, on pourrait qualifier le son de Daniel Avery de plus "aquatique" que celui de Gesaffelstein, ainsi qu'une certaine ouverture au mainstream avec la présence de quelques (future ??) hits tels que Knowing We'll Be Here sur l'album. Pour revenir à l'album, disons que Drone Logic est une parfaite introduction dans le monde d'Avery et une étonnante réflexion de toutes ces influences (The Chemical Brothers bien évidemment pour les sons trippés).
On ouvre cet opus avec deux morceaux qui tabassent, c'est le cas de le dire : Water Jump et Free Floating. Mélodies entrainantes et voix entêtantes, deux réusittes. Puis, la montée de Drone Logic nous donnent des frissons et on s'imagine même pas la folie que ce titre doit déclencher en club ! These Nights Never End arrive et nous plonge dans un énorme trip sans fin : certainement, l'un des meilleurs morceaux de l'album. S'en suit Naive Response, certainement le morceau le plus Gesaffelstein mais également le plus "kraftwerkien" de l'album. Le calme revient un court instant avec Platform Zero, morceau pas forcément utile mais à l'atmosphère étonnante. On retourne aux choses sérieuses avec l'excellent Need Electric, ponctué de sons acidulés vers la fin. On transite avec All I Need, le tube de Drone Logic avec ses notes tellement simples mais tellement efficace, puis Daniel Avery nous dévoile son morceau, certainement le moins accessible : le très ambiant Simulrec. Digne des premières compositions d'Aphex Twin, ce très beau morceau nous dévoile l'étendu du talent du jeune producteur. Les deux morceaux de clôture, New Energy (Live Throught It) et Knowing We'll Be Here, sont deux pures bombes ! Musicalement incroyable, ces deux titres nous rappellent l'âge d'or des raves britanniques sans la brutalité de ces dernières. A la fin de cette écoute, on ne pense qu'à une chose : réécouter cet album pour en débusquer le moindre petit détail. Comme un bon film…
Titre préféré : Knowing We'll Be Here
4) Yeezus - Kanye West

Personnage aussi détestable que fascinant, Kanye West n'est pas que le rappeur égocentrique qui se prend pour Dieu et fait pleurer Taylor Swift : c'est également un excellent prducteur mais également un rappeur à la très bonne culture musicale. En témoigne son dernier album sobrement intitulé Yeezus (mix de son surnom Yeezy et Jesus !) où le rappeur mégalo se paye les contributions de Daft Punk (pour 4 morceaux sauvages et sombre), Gesaffelstein (ou plutôt Gesaffelstein se paye Kanye West sur Send It Up, titre efficace mais pas non plus fou-fou), Hudson Mohawke de TNGHT (sans blague, j'avais pas reconnu son style sur l'illustre Blood On The Leaves), ou encore le GRAND Rick Rubin !
Yeezus est un album prise de risque. En effet, Kanye West aurait pu jouer la carte de la facilité à grand coup de featurings avec Rihanna ou Nicki Minaj, mais non ! Kanye West préfère explorer des chemins encore inconnus et livre un album sans singles (ou presque) plus underground que mainstream. Plus électro que rap, Yeezus surprend tout au fil de l'album : de son intro dantesque acidulée, On Sight, où les Daft Punk font oublié le groove de Get Lucky, à la conclusion Bound 2 où la soul des années 60 est passé au rouleau compresseur (un titre aussi kitsh et jouissif que son clip maintenant culte où West et la distinguée Kim Kardashian montre comment le bébé North a été conçu), tout en passant par l'explosif Blood On The Leaves qui fait passé son pote Jay-Z pour un amateur, ou un New Slaves complêtement fou qui passe d'un rythme electro/trap à un sample rock psyché ! On n'oublira pas non plus le sombre et schizophrénique Black Skinhead (probablement le 2e meilleur morceau de l'album pour sa folie pure et sa rage !), et la ballade Hold My Liquor digne du Discovery de Daft Punk, la noiceur en plus.
Yeezus est donc un disque très réussi à la prodcution sombre et incroyable où les bons titres ne manquent pas...
Kanye West s'exclame "I Am A God", sur le titre du même nom complêtement égocentrique et expérimental (les basses étourdissantes et les samples étranges), on n'hésite maintenant à la contredire... (nan je déconne !!)
Voir la critique complète "titre pas titre" ici !
Titre préféré : On Sight
3) Random Access Memories - Daft Punk
L'album tant attendu de cette année 2013 c'était celui-ci ! 2 ans depuis la soundtrack de TRON qui, tout en restant sympathique nous laisser sur notre faim, et 8 ans après le décevant mais audacieux Human After All, le groupe casqué revient avec un album sous le signe du "revival" de la musique des années 70 avec des sonorités disco, funk et pop. En empruntant ce virage pop, suite logique du travail d'inspiration entrepris en 2001 avec Discovery (leur meilleur album), les Daft Punk en ont surpris plus d'un et déçus quelqu'uns (dont je fais parti mais c'était obligatoire tant l'attente était énorme). Dévoilé au compte goutte, Random Access Memories a fit l'objet d'une campagne marketing exemplaire et hyper-efficace (qui n'a pas entendu les célèbres notes de Get Lucky cet été ??) et a également reçu l'attestation d'un bien plus large public avec un succès critique et commerciale bien mérité.
Daft Punk réalise donc ses rêves d'enregistrer un vrai disque de musiciens, comme les classiques disco de l'époque, et se permet même le luxe de collaborer avec des grands noms tels que Giorgio Moroder ou Paul Williams le tant de deux grandes chansons, Giorgio by Moroder et Touch, véritable voyages et épopées musicales, probablement les deux morceaux les plus aboutis de la carrière du duo. Outre ces deux merveilles, on retient également le sympathique Give Life Back To Music qui ouvre cet album et nous place directement dans l'ambiance Studio 64, l'entrainant (mais trop long) Lose Yourself To Dance, la collaboration coup de coeur Instant Crush avec un Julian Casablancas des Strokes plus auto-tuné que jamais (mais c'est très bien fait), sans oublier le mythique Get Lucky où Nile Rodgers, guitariste de Chic qu'on ne présente plus, démontrer l'étendu de son talent tout comme Pharrell Williams plus charismatique que jamais … Les Daft nous prouvent également avec Contact, en guise conclusion de ce quatrième opus, qu'ils n'ont pas oublié comme retourner l'auditeur avec des sons rock-techno digne d'un Rollin' & Scratchin' !
Un disque générationnel, "pour toute la famille", et une oeuvre marquante dans la carrière de Daft Punk qui réussit son pari de livrer un disque entrainant, dansant, sexy, éblouissant et parfois même extravagant à la production incroyable et audacieuse ! Peut-on dire qu'ils sont au sommet de leur carrière ??
Voir la critique complète "titre par titre" ici…
Titre préféré : Giorgio By Moroder
2) Reflektor - Arcade Fire
Pour tout vous avouer, j'ai longuement hésité entre Random Access Memories et Reflektor pour cette deuxième place de mon classement. Même si j'aime beaucoup l'album de Daft Punk pour plein de raisons (voir ci-dessus), l'album d'Arcade Fire est vraiment mon coup de coeur de l'année !
Devenus chouchous de David Bowie ou U2 en 2004 avec un premier album exceptionnel, le parfait Funeral, les québécois d'Arcade Fire reviennent cette année avec l'album le plus surprenant de l'année 2013 ! Franchement, autant le virage funk de Daft Punk aurait pu se deviner, autant celui disco-tropical d'Arcade Fire, PERSONNE ne l'aurait imaginé ! Et il n'y avait au final qu'une seule personne pour faire sonner Arcade Fire, un groupe relativement dépressif (attendez, ils ont fait un album appelé FUNERAL !!), aussi fun et disco : c'est James Murphy, producteur de génie et anciennement leader de LCD Soundsystem, meilleur groupe des années 2000 !! La collaboration entre ces deux donne lieu à un album à la production inouïe et un opus mémorable pour le groupe ! Contrairement aux attentes, j'ai été surpris par la manière dont les beats DFA (label de Murphy) et les guitares d'Arcade Fire se mariaient ensemble ! Un résultat très satisfaisant et génial !
Reflektor, le morceau qui ouvre ce double-album, est probablement le MEILLEUR TITRE DE L'ANNÉE 2013 !!! Tout dans le morceau est vraiment extraordianire : du rythme entrainant (proche de celui de la musique africaine) à la touche omni-présente et reconnaissable de James Murphy, tout en passant par le refrain excellent où le morceau s'enflamme avec la guitare funky... Et encore, je passe sur le passage incroyable où David Bowie apparait : meilleur cameo musical de l'histoire ! Bref, un GRAND morceau à la hauteur du projet et de l'album !
Les titres s'enchainent : We Exist et son introduction que Giorgio Moroder n'aurait pas renié avec la basse synthé de Billie Jean en plus, You Already Know et son funk tellement entrainant, Joan of Arc, le seul vrai titre rock de ce quatrième opus...
Au milieu, on distingue deux titres incroyables : Here Comes The Night, une danse furieuse de 6 minutes qui commencent comme une salsa endiablée pour enchainer en ballade pop où le piano accompagne gentiment la voix de Win Butler, et Normal Person et son refrain le plus surprenant de l'année, digne d'un bon gros Queens of The Stone Age.
Le CD 2 possède quant à lui également des petites pétites tels que le dyptique mythologique Awful Sound (Oh Eurydice !) et It's Never Over (Oh Orpheus !) terriblement réussis et émouvants avec l'un plus émouvant et passioné et l'autre plus rock et entrainant. On note également Afterlife, véritable hymne à la joie que l'on peut réécouter en bouble sans se lasser et le magnifique Supersymmetry qui conclut l'album de la plus belle des manières...
Reflektor est donc un double-album très réussi où les hits s'enchainent tout comme les perles musicales. On ressort de cette écoute chamboulé par tous les sons découverts et appréciés, par toutes les mélodies entêtantes, boulversantes ou entrainantes, ainsi que par l'énorme travail effectué par le groupe et James Murphy. Un grand groupe à suivre qui, je suis sure, ne va pas arrêter de nous surprendre...
Maintenant, il faut ABSOLUMENT que je les voie en live !!!
Voir la critique complète "titre par titre" ici !
Titre préféré : Reflektor
1) Glow - Jackson and his Computer Band

Voici le numéro un de ce classement et probablement un nom inconnu pour vous si vous n'êtes pas familier à la musique électronique ou tout simplement parce que Jackson Fourgeaud aka Jackson and His Computer Band est l'artiste le moins médiatisé de la French Touch malgré son talent incroyable, ses oeuvre révolutionnaires, et sa signature sur le label mythique Warp (au côté de son homologue britannique Aphex Twin !). Après un premier album, Smash, passé inaperçu en 2005 (mais figurant parmi les meilleurs albums d'electro de l'histoire dans bon nombre de classements, dont celui de Justice), le surdoué revient, 8 ans plus tard (comme certains...), avec un deuxième album supérieur en tout point au précédent et conservant le style indéfinissable de son auteur, sorte de mélange des turbines de SebastiAn et du style "bric-à-brac" de son ami Mr. Oizo.
Glow est une épopée futuriste où Jackson mélange toutes ces influences avec brio : la pop, le rock, l'electronica, l'ambiant, le rock psychédélique, la techno, le jazz, le classique, la BO de films d'horreur et même le dubstep... Ce deuxième album est un véritable voyage musical, une course après le temps, et dont les point forts sont principalement le fait qu'il n'y aucune limite dans la créativité, le style inclassable de Jackson qui parvient à créer des mélodies au piano toutes simples mais entêtantes à souhait (celle de Billy, pièce magistrale de 8 minutes qui clôt l'album, est incroyable !). A travers ce deuxième opus, l'artiste joue avec l'auditeur et le surprend à chaque morceau qui se révèle à chaque fois un tour de force : l'intro très "Sgt Peppers" Blow, la puissance de l'hypnotisant et onirique Dead Living Things (parfait mélange entre SebastiAn et Justice), le côté "banger" de l'explosif Bloodbust (dont on se questionnne encore sur sa présence dans cet opus), la comptine opera rock Memory, le break "horrifique" à donner des frissons de Pump (digne de Goblin), les très maitrisés et complets Vista et Seal (deux claques à la scène trap/dubstep !)...
Outre tous ces morceaux incroyablesque je viens de citer (de toutes façons sur Glow, il n'y pas un morceau à jeter ou à améliorer...), on retiendra également le magnifique Orgysteria et son synthé à la Wendy Carlos incroyable et magique, ou encore More, peut-être le titre le plus abouti de l'album et parfait successeur de l'excellent Arpeggio pour ses dizaines de sons emboités sur une mélodie que Philip Glass n'aurait pas renié...
Nénanmoins, le meilleur morceau de cet album reste Arp #1, véritable baffe musicale d'une puissance incroyable. Un pure morceau électronique, une folie de 5 minutes où chaque sons mériterait une seconde écoute pour être analysé et décrypté !
Glow est donc une pièce maitresse de l'histoire de la musique électronique française et surtout de l'année 2013. Jackson and His Computer Band livre donc un album qui frôle de très près la perfection à la production plus que prodigieuse !
UN GRAND BRAVO !!!!!
Voir la critique complète "titre par titre" ici...
Titre préféré : Arp #1



Ces albums ne sont pas dans le classement car d'autres étaient supérieurs sur différents points mais ils restent néanmoins très bons et valent la peine d'être écoutés :
1) More Light de Primal Scream
2) Comedown Machine de The Strokes
3) Inside Llewyn Davis (Soundtrack) de Various Artists
4) The Next Day de David Bowie
5) Magna Carta...Holy Grail de Jay-Z
6) Racine Carré de Stromae
7) Les Revenants (Soundtrack) de Mogwai
8) Aleph de Gesaffelstein
9) Romance & Cigarettes de The Toxic Avenger

Ces deux albums sont deux grosses déceptions et deux mauvais albums, allez les gars, rattrapez-vous VITE !
1) Hide de The Bloody Beetroots
2) Outrun de Kavinsky
Bon alors tout d'abord, si vous êtes là et que vous avez tout lu, BRAVO à vous ! Je sais, je sais... je fais des trucs beaucoup trop long !! En tout cas, j'espère que ce top 15 vous a plus, moi j'ai apprécié à le faire. N'hésitez pas à laisser vos avis ou même des suggestions d'albums que j'ai oublié dans les commentaires et en tous cas, espérons que l'année 2014 soit aussi bonne en matière de musique et de cinéma que 2013...
Bonne année et à bientôt !
Mon top 10 des meilleurs films de 2013 à voir ici !

